Ma vie, ou presque.... Mon cancer, mon épouse décédée, mes souvenirs d'enfance, de vacances et mes poésies, mes élucubrations littéraires. Tout ce qui fait ma vie, ou presque...
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MAI 1973 ( 2° partie )La première partie est là ... X CLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR VOIR MES 16 ANS | ||
| Après le repas je filais aux toilettes pour deux bonnes raisons. La première n'est du qu'a une réaction naturelle après l'ingestion de liquide en quantité abondante, et la seconde était plus curieuse. En effet de la fenêtre des toilettes, une fois celle ci ouverte à cause du verre-cathédrale, l'on avait une très bonne vue de la maison d'Anne-Marie et du bout de rue devant chez sa copine … Mais le premier passage dans cet endroit intime restât infructueux. Tout le monde ne déjeune pas avec un lance-pierre et j'aurais du me douter qu'il me faille attendre un peu avant de la voir ressortir. De plus il me faudrait trouver autre chose que mon carnet et mon crayon pour justifier ma présence sur ce trottoir. Ce fut mon beau-frère qui apportât de l'eau à mon moulin en discutant de rééducation. Il me rappelât en effet que le kiné m'avait dit que je pourrais essayer de faire du vélo très lentement, que cela aiderai mon genou à retrouver sa flexibilité au plus vite avant de faire une rééducation plus poussée lorsque l'on m'aurait entièrement retiré mon plâtre. Ce qu'il ne savait pas c'est qu'à Domont il n'y a aucune rue plate. On monte ou on descend et si l'on a monté à l'aller, il faut redescendre au retour et vice-versa, ce qui rend improbable le « lentement » préconisé. Néanmoins je saisis l'occasion et je lui répondit que j'allais m'y mettre tout de suite. Un petit quart d'heure après, je sortais du pavillon le vélo à la main. Ma sœur, inquiètes me suivait pas à pas et me tint le vélo le temps que je m'installe car caler une jambe dans le plâtre sur un pédalier n'est pas évident. Afin de me mettre dans le bain je prenais le coté descente en premier et cela m'amenait à passer devant chez mon bel amour en devenir. Les mains sur les freins j'arrivais en bas de la rue et sur ma lancée je fis un très joli demi-tour avant d'attaquer la côte et de devoir appuyer sur les pédales et faire plier mon genou au rythme du pédalier. La pente étant assez raide j'eus du mal à me relancer et failli poser le pied à terre mais l'apparition d'Anne-Marie quelques mètres devant moi me donna un courage inconnu de moi et, tel Eddy Merckx ou Ocana, je me mis à grimper d'une belle allure. Anne-Marie me souriait en me voyant faire et au passage devant elle j'osais lui décocher mon sourire le plus charmeur. Elle sourit de plus belle et me lança un « Allez Frédéric, Allez Frédéric, Allez ! » plein d'enthousiasme. Je faillit en tomber de saisissement mais pour ne pas avoir la honte devant elle je continuais de plus belle. En arrivant au niveau de ma sœur qui souriait-elle aussi je tentai un aussi beau demi-tour et après avoir frôlé le trottoir je me rétablissais fièrement et me laissais partir dans la descente. Je pris rapidement de la vitesse et Anne-Marie me vit passer rapidement tel un vrai coureur du tour de France dans la descente du Lautaret. Malheureusement le carrefour arrivait lui aussi très vite ; Je serrais les freins au maximum en entamant une courbe pour accomplir mon troisième demi-tour. Mais la vitesse trop élevée, les quelques gravillons qui traînaient et la maîtrise moyenne de ma part de l'engin suite à l'encombrement du plâtre entraînèrent un dérapage de la roue arrière. Je partit dans une glissade fabuleuse jusqu'au trottoir. Ma jambe gauche était coincée sous le vélo mais mon plâtre semblait avoir tenu le coup. En me redressant, je vis deux personnes courir vers moi. C'est Anne-Marie, la plus proche au départ, qui gagna ce sprint improvisé et couché sur le sol je n'osais, malgré l'envie que j'en avais, lever les yeux vers elle et sa mini-jupe. Elle s'accroupit à mes cotés en prenant des nouvelles de ma santé. Je la rassurai en me relevant difficilement mais la conversation, dont je rêvais depuis si longtemps, ne dura pas car ma sœur, affolée et essoufflée, était déjà en train de faire une auscultation de ma personne au milieu de la rue. Je souris à ma belle et cette dernière me rendit ce sourire complice en me faisant un petit signe de la main avant de nous quitter sans bruit. Alors qu'elle se retournait une dernière fois et que ma sœur, à genoux, essuyait mon genou avec un mouchoir qu'elle avait humidifié d'un peu de salive, je lui dis dans un souffle « A tout à l'heure ? » La belle Anne-Marie en souriant me lança « Ou à demain ! » qui calmait mes douleurs bien plus vite que la salive de ma sœur ! Je remontais difficilement la pente jusqu'au pavillon le vélo me servant plus de béquille qu'autre chose. Une fois arrivée ma sœur étant inquiète elle sortit la voiture afin de m'emmener à la clinique de la ville. Je l'assurai que ce n'était pas la peine mais sa détermination était plus grande que ma conviction personnelle. Le radiologue chez qui je passais était revenu avec un large sourire et nous lança cette phrase : « C'est la première fois que je vois ça, il s'est fait une entorse à travers le plâtre sans abîmer ce dernier ! » Ma sœur lui demanda ce qu'il fallait faire et celui-ci répondit avec humour qu'il ne pouvait malheureusement rien faire. Ma sœur le regarda sans comprendre et commençait à s'affoler quand il finit sa phrase en expliquant qu'on pouvait difficilement plâtrer une jambe qui l'était déjà. Il prescrit quelques anti-douleurs et nous retournâmes à la maison. Il était presque six heures et Anne-Marie n'était plus dans la rue… | ||
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| A SUIVRE.... là > | ||
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