Ma vie, ou presque.... Mon cancer, mon épouse décédée, mes souvenirs d'enfance, de vacances et mes poésies, mes élucubrations littéraires. Tout ce qui fait ma vie, ou presque...
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MAI 1973 ( 4° et dernière partie ) Le début est là ... XCLIQUEZ SUR LA PHOTO POUR VOIR MES 16 ANS | ||
| Vers quatorze heures je suis ressortit sur le trottoir avec de nouveau mon carnet, mes crayons et mon tabouret. Je griffonnais une silhouette de jeune femme qui tentait de ressembler à ma belle lorsque celle-ci vint me rejoindre, malheureusement avec sa copine. « Tu dessines quoi ? » me demanda t’elle. Je lui montrais l’ébauche que j’avais accomplie en lui précisant que ce n’était qu’un gribouillage. Mais elles semblaient appréciés mon coup de crayon toutes les deux car elles me firent compliment de ce pauvre dessin. Il est vrai qu’à l’époque mon prof de dessin avait convoqué mes parents afin qu’ils me fassent faire les beaux-arts. Mon père, en tant qu’ouvrier, se refusait à l’idée que l’on puisse gagner sa vie avec le dessin n’avait pas été convaincu et l’idée semblait tombée à l’eau. Depuis j’ai lâché les crayons et aujourd’hui il ne vaudrait mieux pas me demander de faire un portrait !!! Mais en cette année 73 je me débrouillais pas mal. Nous restâmes à discuter ainsi quelque temps jusqu'à ce que son amie décide de rejoindre ses parents qui recevaient de la famille. Je lui dit que c’était dommage qu’elle nous quitte tout en pensant exactement le contraire. Après tout, l’hypocrisie a le droit d’être quand c’est de la galanterie. Une fois que nous fûmes seuls, Anne-Marie et moi, elle se rapprocha tout près de moi et j’osais dans un geste fou passé mon bras autour de sa taille. Mais entre temps le soleil s’était caché et la fraîcheur de mai regagnât du terrain. Je la sentis frissonner sous mes doigts et ne sachant si c’était moi ou l’absence de l’astre qui causait ces tremblements je lui demandais si elle avait froid. Elle me répondit que, avec son seul débardeur, c’était un peu juste pour rester dehors. Je ne savais pas trop quoi lui proposer quand elle poursuivit en me demandant de l’accompagner chez elle chercher un chandail. Malgré mon handicap, j’acceptais avec joie et nous descendîmes le petit bout de rue jusque chez elle au rythme du tac-tac-toc de mes béquilles sur le macadam. Devant sa porte elle rajoutât : « Mes parents ne sont pas là, tu peu entré si tu veux ! » Et comment, que je voulais ! … Elle pris l’escalier en me disant qu’elle montait chercher quelque chose à se mettre et que je pouvais m’installer sur le canapé en l’attendant. Je m’écroulais, et le mot est faible, dans le dit canapé avec délices. Il était large et profond et j’y aurais volontiers passé toute l’après-midi. Quand Anne-Marie apparue dans le chambranle de la porte du salon, elle n’avait pas de chandail mais un petit gilet à la main. Et toujours sa jolie jupette et son petit débardeur qui lui moulait si bien la poitrine. Je me suis aperçu alors d’un petit changement, on ne voyait plus les bretelles de son soutien gorge sur ses épaules et au travers de l’étoffe orange, on devinait de petits tétons fièrement dressés. Elle vint s’asseoir tout contre moi en me proposant de rester ici tant que le soleil n’était revenu. Je sentais la chaleur de ses cuisses au travers de mon jean. J’étais dans un état ou ma jeunesse et mon émoi commençaient à transparaître. Pour toute réponse à sa proposition, je la pris dans mes bras et la première tentative de baiser fut couronnée d’un succès inespéré. Mes mains commençaient à chercher des chemins équivoques lorsqu’elle se redressa et se mis à me parler de son intérêt pour moi depuis bien longtemps. Je lui avouais à mon tour une partie de mes espoirs avant cette journée. Cette discussion dura presque une heure entrecoupée de baisers, de regards éperdus et de rapprochement corporel de plus en plus précis. Et cela fini, comme cela devait finir, par un merveilleux moment pour nous deux qui en étaient au même stade de l’apprentissage de l’amour. L’absence de toutes peurs liées à un quelconque virus n’existait pas en 1973 et c’est avec un délice, jusqu’alors inconnu par l’un et l’autre, que nous partîmes ensemble vers des cimes fantastiques. Je ne vous décrirais pas ici tous ces fabuleux instants, chacun pourra se faire une idée en se remémorant ses propres souvenirs, mais sachez que cet après-midi là est gravé à tout jamais dans ma mémoire et je l’espère un peu dans la sienne. Notre amour s’amplifia chaque jour durant un mois et demi jusqu’au grandes vacances. Nous passions toutes ses journées libres ensemble et nous étions sans cesse à la recherche d’endroit discret pour se manifester mutuellement nos sentiments le plus ardemment possible. Lorsque, à la fin juin, nous dûmes nous séparer, elle pour partir en Vendée et moi en Normandie, la dernière journée fut un déchirement. Surtout que je savais qu’en septembre il faudrait que retourne au lycée car bien que j’aie raté mon BEPC à la suite de mon accident, mes profs avaient donné un avis favorable pour mon passage en seconde C ‘’Mathématiques Sciences-Physique’’ au Lycée Colbert à Paris. De son coté, Anne-Marie devrait se rendre tous les jours à Sarcelles en train pour rejoindre son nouveau lycée. Mais nous nous promîmes l’un à l’autre pour le restant de nos jours et jurèrent que chaque week-end de l’année suivante, nous les passerions à nous aimer… Ce furent des serments déchirants et je ne suis pas sûr, encore aujourd’hui, que nous n’étions pas sincères. Bien entendu durant les vacances je rencontrais d’autres filles que j’abordais avec décontraction, sûr de moi et de ma capacité de séduction. Le lycée en suivant m’offrait une nouvelle vie que je n’avais pas connue dans mon collège de garçon et la mixité des classes qui n’avantageât pas le respect de mes promesses. Par ailleurs, Anne-Marie connue sensiblement la même évolution mais vue du coté fille et c’est avec plaisir mais sans véritable amour que nous nous retrouvâmes un week-end d’octobre. Nous avons encore fait l’amour, mais très vite nous nous avouâmes nos aventures réciproques et c’est sans guerre que l’on s’est doucement éloigné l’un de l’autre. Il nous arrivât encore quelques fois de partager des moments de tendresse durant l’année qui suivit mais sans que l’amour qui avait été le nôtre ne renaisse. Anne-Marie fut mon premier et mon dernier amour d’adolescent. J’étais rentré dans la jeunesse sans le savoir. Il m’a fallut bien longtemps avant de retrouver dans mon cœur et mon âme des sentiments semblables à ceux vécus avec cette magnifique jeune fille. Je garde pour elle des sentiments très doux et parfois il m’arrive encore de revoir son visage… | ||
| ♥ ♥ | ||
| FIN . | ||
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