Ma vie, ou presque.... Mon cancer, mon épouse décédée, mes souvenirs d'enfance, de vacances et mes poésies, mes élucubrations littéraires. Tout ce qui fait ma vie, ou presque...
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| Le tout début du roman est ICI mais le début de l'histoire est LA | | |||||
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| | Le chapitre précédent est LA | | ||||
| | CHAPITRE II (a)
Il est dix-neuf moins cinq minutes environ sur le boulevard St-Michel, comme partout ailleurs en France d’ailleurs, et Agnès attend, en regardant les instruments en vitrine, que Pierre est fini ses dernières occupations pour venir la rejoindre. Elle aperçoit le patron derrière la vitre qui, l’ayant reconnue, lui adresse un petit signe de la main auquel elle répond gentiment. A l’intérieur de la boutique ce dernier s’adresse à son commis et lui : - Dépêchez-vous, je crois qu’on vous attend dehors ! Le tout en souriant. Pierre peu habitué à un chef si sympathique se dit qu’Agnès a vraiment des pouvoirs étonnant et le remercie en souriant à son tour. Un dernier coup de balai, et c’est fini, il salue son patron si amical ce soir et c’est d’un pas ultra rapide qu’il franchit le seuil de la boutique. Le boulevard étant assez fréquenté, leur baiser de retrouvaille n’est pas aussi ardent qu’il l’aurait espéré mais la pudeur d’Agnès étant souveraine, c’est donc en se tenant par la taille qu’ils prennent le chemin du Métro le plus proche, direction la gare du Nord. En arrivant sur le quai de la gare, Agnès découvre les trains de banlieue. Des wagons gris aluminium sans vrai compartiment qui la surprenne, elle qui à pris seulement des trains de grandes lignes avec des compartiments et des banquettes vertes et le paysage obligatoire dans le cadre au-dessus. Elle suit pourtant son petit ami dans le troisième des wagons sans trop savoir pourquoi celui là plus qu’un autre ? Pierre lui explique qu’ainsi ils se retrouveront juste en face de la sortie en arrivant à Montsoult, leur destination finale. Pierre explique aussi à sa belle que trouver une place assise est souvent difficile en semaine mais que le samedi c’est plus facile. Ils s’installent cote à cote sur une des banquettes rouges qui sent encore le neuf et attendent, en s’embrassant de temps en temps, que le train veuille bien partir. Pierre repense à vendredi matin, il est parti travailler les mains dans les poches et il revient un jour plus tard avec un sac de voyage, celui qu’Agnès à préparer avec ses affaires, un sac en papier avec une chemise sale et une jolie fiancée qu’il espère bien installer chez lui définitivement. Quand le train se met en route et que les portières claquent, Pierre s’escrime auprès de la fenêtre pour l’ouvrir car la chaleur emmagasinée toute la journée par le wagon commence à indisposer. Un léger courant d’air, parfumé aux odeurs de gare, vient tenter de les rafraîchir. Dès la sortie de la gare, l’air devient plus respirable au fur et à mesure que le train prend de la vitesse. Agnès regarde assidûment par la fenêtre auprès de laquelle elle est installée pour découvrir un univers qu’elle ne connaissait pas. Lorsqu’ils arrivent à St-Denis elle a déjà découvert les vieux immeubles délabrés aux fenêtres desquels des sèches-linges en plastiques décorent de tissus multicolores les façades grisâtres. Elle a vu aussi les cheminées d’usines, et sentit l’odeur âcre des conserveries ou d’autres entreprises installées aux bords des voies ferrés. Mais c’est avec plaisir qu’elle aperçut les premiers arbres, puis le premier verger en quittant à Sarcelles et enfin l’impression d’être en pleine nature avec des vaches qui la regardaient, pensais elle, en se demandant que faisait cette parisienne dans leurs campagnes. Elle entendait les oiseaux piailler lors des arrêts dans les différentes gares émaillant le parcours. C’est après un peu plus d’une demi-heure de cheminement ferroviaire qu’ils arrivent en gare de Montsoult-Maffliers. Pierre chargé des deux sacs aide tout de même Agnès à descendre du train et celle-ci, une fois sur le quai, emplis ses poumons de l’air parfumés par les haies voisines. Elle ne s’attendait pas à un changement aussi radical par rapport à sa vie parisienne. Ici, le calme revenu au départ du train, lui donne presque envie de rester là à profiter au maximum de cet instant, mais Pierre l’incite à avancer pour gagner sa demeure. Ils sortent de la gare la main dans la main et Pierre s’amuse du visage ébahis de sa compagne. - T’as l’air toute surprise mon cœur ? Ils continuent leur route pendant une petite dizaine de minutes avant d’arriver devant quatre petits immeubles parsemés sur des petites pelouses où les pâquerettes colorent de touches blanches le vert monotone du gazon. Pierre montre à Agnés une porte dans le premier immeuble en lui disant : - Ici c’est le « Clos des érables » ! C’est là, au deuxième ! Agnès, encore sous l’emprise du plaisir de vivre insufflé par l’air de la campagne de ce petit village, le suit sans un mot en regardant autour d’elle toutes ces choses qu’elles avaient oubliés. Le hall carrelé précède un escalier lui aussi carrelé, et sur la droite un mur de boites aux lettres. Pierre, sort son trousseau de clés pour regarder dans la sienne si sa factrice à déposé du courrier pour lui. La boite étant vide, il se retourne et prend Agnès par la main pour l’inviter à monter les deux étages les séparant de son appartement. - Attends mon amour ! Dit sa belle en ralentissant son pas. Laisse-moi le temps de m’imaginer mieux ton chez toi pour voir si je t’ai bien compris en voyant réellement où tu vis. Sur le palier du deuxième Agnès de retourne vers Pierre et attends car il y trois portes et elle ne sait pas devant laquelle attendre. Pierre lui passe devant et, posant le sac au pied d’une des portes, ressort son trousseau de clés et commence à ouvrir le verrou du haut avant d’ouvrire la porte. Quand celle-ci est ouverte, il la pousse et s’écarte en s’inclinant pour laisser passer sa douce. - Après vous Princesse ! Et Pierre, méthodique, commence la visite dans l’ordre depuis l’entrée. La première porte à gauche, la salle de bains… toute blanche avec une baignoire, un lavabo, plus une grande table à langer faisant office de meuble de rangement et aussi de support à l’étalage de divers flacons d’eaux de toilette, de shampoing, de gel douche et autres, et dans le coin droit à coté du lavabo un lave-linge, à la gueule béante pour éviter les odeurs. Ensuite, toujours sur le même coté du couloir, les toilettes.. Banales et sans autres intérêts que le petit meuble où sont empilés sur le dessus plusieurs jourmaux et quelques magazines. L’autre coté étant occupé par un placard, il continue la visite en suivant. La cuisine moyennement grande, tout en longueur et se terminant par une interruption dans la cloison menant directement à la grande salle à manger-séjour par son deuxième accès. La salle est éclairée par une baie vitrée ouvrant sur un balcon faisant toute la largeur de la pièce et de la cuisine réunis. - Mais où est ta chambre dans tout ça ? Questionne Agnès. - Tu dois payer une fortune tous les mois ? s’inquiètes sa belle. Et ils sortent de la chambre pour se diriger en droite ligne vers la cuisine mais, au passage, Pierre ouvre la porte de la baie vitrée afin d’aérer un peu l’air, surchauffée par le soleil, de la pièce. Agnès ne résiste pas et délaisse la cuisine pour se rendre sur le balcon voir le décor extérieur et s’enivrer encore un peu de l’air de la campagne. Pierre ne tenant pas à commencer sans elle, la rejoint immédiatement et vient derrière elle se coller en l’enlaçant tendrement, leurs mains s’unissant sur le ventre de la belle. - Ca te plait mon ange ? Pierre lui dépose un bisou sur les cheveux qui sont à la hauteur de ses lèvres et c’est en se penchant qu’il aperçoit une voiture de la Gendarmerie Nationale qui se gare au bas de l’immeuble. Il n’y prête pas trop attention, et la contemplation du paysage par Agnès prenant fin, ils retournent tous deux à la cuisine pour enfin se mettre à préparer un repas décent. C’est lorsque Pierre, à bout de recherches dans le congélateur, propose à Agnès d’aller manger un morceau dans un des restaurants du centre commercial qui s’est ouvert à quelques kilomètres, que la sonnette de la porte d’entrée résonne. Il se rend à la porte, en faisant déjà grise mine, regardes par le judas qui donc se permet de sonner chez lui et de le déranger à cette heure, et à sa grande surprise, aperçoit deux képis surmontant deux bouilles rondes. Inquiet, il ouvre sa porte rapidement !… | |||||
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