Ma vie, ou presque.... Mon cancer, mon épouse décédée, mes souvenirs d'enfance, de vacances et mes poésies, mes élucubrations littéraires. Tout ce qui fait ma vie, ou presque...
| | | | | |||
| | | |||||
| | | | ||||
| Le chapitre précédent est LA | ||||||
| CHAPITRE II (b)
- Bonjour Monsieur, Gendarmerie Nationale. Dit l’homme le plus près de lui en le saluant d’un bref mouvement vers son képi. Vous êtes bien le propriétaire du véhicule immatriculé 5846 CQ 95 ? Il referme la porte et se retourne vers Agnès qui a écouté toute la conversation depuis le couloir. Celle-ci vient se blottir contre lui et tente de le consoler de cette mésaventure par quelques baisers. - Je pense que le restau au centre commercial est compromis, mais ça ne fait rien mon cœur. On va se faire un petit dîner d’amoureux avec ce qu’on trouvera de comestible dans tes placards. Lui dit-elle la tête posée amoureusement contre la poitrine du jeune homme. C’est donc des restes du réfrigérateur de Pierre qu’ils s’organisent un pique nique sur le balcon où Pierre avait installé en son temps, une petite table de jardin avec deux fauteuils d’extérieur. Avec deux tranches de jambon, quatre petites tomates d’un coté, plus une boite de macédoine de légumes et une de thon au naturel retrouvées en haut d’un placard de l’autre, Agnès a confectionné une repas assez substantiel pour eux deux. Entre-temps, Pierre à servit deux Martinis avec citron et glaçons qu’ils dégustent maintenant ensemble au soleil couchant de juillet. Agnès goûte avec plaisir cet instant de quiétude qu’elle n’a pas eu souvent l’occasion de partager avec un homme aimé. Assise sur son fauteuil, les jambes étalées, les pieds dépassant du balcon dans le vide elle ferme les yeux en sirotant le breuvage italien ! Pierre la regarde avec délices et apprécie aussi ce moment. Malgré la disparition de sa voiture, il trouve qu’il passe une belle soirée. Une fois leur festin de roi avalé et la table débarrassée, ils retournent s’installés au dehors pour profiter un peu de la fraîcheur du soir en fumant un cigarette et en buvant les cafés instantanés que Pierre a confectionnés vite fait. - On est bien là ! Dit Agnès en se tournant vers lui. Ils se prennent la main par dessus la table et c’est les doigts enlacés qu’ils regardent le soleil passé l’horizon en rougeoyant. - Je vais rentrer mon chéri, il commence à faire frais ! - Comme tu veux mon cœur ! Répond Pierre qui lui supporte sans soucis ce changement de température. En rentrant à l’intérieur, Agnès se sent tout de suite mieux grâce à toute la chaleur emmagasinée dans la journée dans l’appartement. Pierre la suit de près et ayant posé sa guitare il enlace sa belle et lui offre le doux baiser qu’elle attendait avec impatience, puis il l’entraîne vers la chambre à coucher voisine. Agnès le suit de bonne grâce, mais arrivée près du lit elle attrape son sac, qu’elle avait posé au sol tout à l’heure, et annonce à son amant qu’elle va passer à la salle de bains avant de se coucher. Pierre acquiesce, non sans montrer un peu de dépit. En attendant sa belle il se déshabille et s’allonge quasi-nu sur le lit après en avoir repoussé la couette au pied. Leur deuxième nuit d’amour n’a pas la fougue de la première mais elle comporte une somme de tendresse qui la rend aussi belle. Après toutes ces étreintes, ils s’endorment dans les bras l’un de l’autre, dans le cœur de l’un et de l’autre la même envie de ne pas mourir sans avoir revécu ces instants merveilleux. Agnès s’étire lentement et sourit du plaisir de ces chants d’oiseaux matinaux. Elle retourne et va se blottir sur le corps de Pierre qui à son contact l’enlace machinalement. Elle ferme les yeux afin de profiter au maximum du bonheur qui l’emplit. Un quart d’heure de tendresse, de petits mots d’amour et de tendres baisers plus tard, elle se lève enfin et cours à la salle de bains chercher dans ses affaires quelque chose pour la vêtir un tant soit peu afin d’aller, « Oh ! Délice », prendre son petit-déjeuner sur le balcon. Elle choisit un long tee-shirt qu’elle avait préparé en prévision de cet instant. Pierre, échevelé et les yeux plissés par la nuit, enfile un caleçon et la rejoint peu après dans la cuisine où la belle est en train de faire griller les restes de pain, qu’elle à trouver dans la panière, pour agrémenter le café matinal. - Quelle heure il est au juste ? Demande Pierre en essayant de déchiffrer la pendule accrochée au mur au-dessus de la porte menant au couloir. Pierre sort un plateau de sous la table de cuisine et y dépose deux bols, deux cuillères et tout le nécessaire à un petit-déjeuner à la française, ne manque que les croissants. Dans le doute des les goûts de sa compagne, il y met aussi les trois pots de confitures qu’il possède. Enfin, après avoir mis dans les bols un peu de café instantané, il prend une casserole et la remplie d’eau chaude pour la mettre à bouillir sur la cuisinière. Quand les premiers frémissements chantent, il verse cette eau quasi bouillante dans les deux bols, puis rajoute une brique le lait sur le plateau qui commence à être bien remplis. Agnès y rajoute tout de même, sur une assiette prise dans le placard, le pain grillé qu’elle vient de terminer. Et c’est l’homme de la maison qui, prudemment, avance jusque sur le balcon le plateau bien serré entre ses mains. En franchissant le pas de baie vitrée, il fait un pas outrageusement forcé par peur de s’accrocher et de voir leur petit-déj finir au rez-de-chaussée sur la pelouse. Pierre se dit pourtant qu’après le vol de sa voiture se serait une suite logique, aussi est-ce soulagé qu’il dépose sa charge sur la table où Agnès est déjà installée. Cette dernière se précipite sur un bol attaque avec ardeur le pain grillé, le beurre et la confiture de groseille. - Tu as si faim que ça mon amour ? Sourit Pierre. Le soleil ne donnant sur le balcon que l’après-midi, Pierre est retourné chercher un tee-shirt avant de commencer à manger. Agnès est agréablement surprise par les cloches de l’église voisine qui égrènent les neuf coups annonçant l’heure. Ils discutent des différentes formalités, auxquelles Pierre devra souscrire après le vol de sa voiture, pendant leur premier vrai petit-déjeuner pris en couple. Agnès se prend à rêver qu’ils sont de jeunes mariés, installés dans leur nouveau chez-eux. Vient alors le moment du partage de la salle de bains auquel ni l’un, ni l’autre n’est habitué. C’est donc dans les fous rires qu’ils accomplissent leurs ablutions. Pierre se vêt de son jean et remet la chemise reçue en cadeau la veille, après avoir vérifier la propreté du col, critère indispensable. Agnès enfile une jolie robe d’été, légère et fleurie qui donne envie à Pierre de la prendre dans ses bras et de la faire tournoyer. Ce qu’il fait sans attendre. C’est la tête tout à l’envers qu’elle reçoit un baiser fougueux qui la ranime délicieusement. Agnès prend un panier, trouvé dans un placard dont Pierre avait oublié l’existence et se déclare prête. Deux minutes plus tard, ils s’en vont main dans la main vers le marché de Montsoult sous le doux soleil de ce matin d’été... | ||||||
| La suite est ICI | ||||||
| | ||||||